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Augmentation des salaires en France, mais que se passe-t-il dans le pays ?

De 3,5 à plus de 8 %, des augmentations de salaire sont annoncées un peu partout dans la presse depuis quelques jours. Alors que BNP Paribas propose une revalorisation record, les salariés de Total, eux, engagent un bras de fer avec leur direction.

Entre tension et revendications, à quoi peut-on s’attendre concernant la revalorisation salariale en France ?

Analyse comparative : l’évolution des salaires dans les entreprises en France et en Europe

Pour mieux comprendre l’évolution des salaires, il est important de distinguer le revenu minimum du revenu médian.

Salaire minimum

Il s’agit du salaire minimum versé par l’employeur contre la réalisation d’une tâche encadré par un contrat de travail individuel. En Europe, plus de 90 % des états ont mis en place ce système pour protéger les salariés contre de possibles abus quant à leur rémunération.

Le SMIC en France était de 1 678,95 d’euros brut au deuxième trimestre 2022. Un revenu de base qui place la France à la 6e position parmi les pays européens affichant l’un des minimas les plus élevés. À titre de comparaison la Croatie (622 euros), la Bulgarie (363 euros) ou encore la Grèce (831 euros) sont bien en deçà de ce qui est proposé dans l’hexagone.

En France, le salaire minimum a été revalorisé à 34 euros net de plus par mois depuis le 1er mai 2022.

Salaire médian

Le salaire médian se définit comme ceci : revenu moyen, situé au centre de l’échelle des revenus tels que 50 % de la population perçoit un salaire supérieur, 50 % de la population perçoit un salaire inférieur. Il se différencie du salaire moyen qui se contente de calculer la moyenne des salaires versés par l’employeur sans pondérer le résultat selon le nombre d’individus concernés.

Du point de vue européen, le salaire médian en euros a nettement augmenté, et ce, pour l’ensemble des pays européens sauf pour la Suède.

En Allemagne, il est passé de 20 668 euros en 2014 à 23 460 euros en 2019 soit un peu plus de 12 %.

En Roumanie l’augmentation est encore plus visible. En 2014, le salaire minimum est passé de 2 315 euros par an à 4 267 euros soit 46 % de plus.

À noter que selon les données de l’Insee, la Suède connait un léger recul passant de 25 306 euros en 2014 à 24 700 euros aujourd’hui.

Et la France dans tout cela ? Elle fait partie des meilleurs élèves européens avec 21 726 euros par an et par habitant. Un revenu de vie médian qui n’a toutefois pas augmenté de manière substantielle depuis 2014 avec à peine 2 % de plus.

Comment expliquer les tensions salariales actuelles ?

Sur un an, les prix des matières premières et des denrées de première nécessité ont littéralement explosé. Depuis janvier 2022 le constat est sans appel. L’évolution de l’indice des prix à la consommation a connu une hausse sans précédent avec un glissement annuel de 2,9 %. Le dernier pic remonte à juillet 2018 avec une augmentation généralisée enregistrée à 2,3 %. Depuis, l’indice n’avait fait que baisser à 0 % entre l’année 2020 et 2021.

Mais tout a changé. L’inflation historique que nous connaissons est passée par là et a réveillé une bonne partie des travailleurs quant à la question de leur rémunération. Un sujet sensible pour les dirigeants qui vient s’ajouter aux nombreuses autres problématiques de la conjoncture actuelle.

Avec 10 milliards de bénéfices rien qu’au troisième trimestre de l’année, Total est au cœur d’un épisode social qu’il sera difficile de renverser sans y céder. Les salariés réclament un geste fort et une augmentation à la hauteur de l’inflation. L’État, sous les prises de parole d’Emmanuel Macron, refuse de prendre part au débat mettant encore un peu plus de l’huile sur le feu.

Dans ce climat tendu, une entreprise sort du paysage médiatique avec une annonce qui fait grand bruit.

Ainsi, la BNP Paribas propose une revalorisation salariale de 1 200 euros pour les salaires de moins de 40 000 euros annuels soit entre 3 % et 5,9 % de hausse en fonction du salaire. Un geste fort qui redonne de l’espoir à bon nombre de salariés en pleines négociations salariales comme à la Société Générale où la direction propose une prime de 1 000 euros aux salariés, mais pas d’augmentation générale avant 2 ans. Jugés insuffisants, les syndicats ne comptent pas en rester là.

La prime Macron est-elle suffisante ?

Renommée « prime de partage de la valeur », il s’agit d’un dispositif pour favoriser le pouvoir d’achat des Français dans un contexte économique compliqué. Le but est de proposer une prime venant s’ajouter à la rémunération du salarié. Cela n’étant pas obligatoire, les employeurs ont donc la possibilité de verser ou non cette aide. De plus, la rémunération du salarié ne doit pas dépasser le montant brut mensuel à savoir 1 678,95 euros.

Une prime, donc, pour les travailleurs les plus touchés par l’augmentation des prix mais qui est versée selon le bon vouloir de l’employeur. Et c’est ici que la question de la légitimité d’un tel dispositif se pose. Alors que les entreprises font face à des problématiques économiques importantes, combien d’entre elles verseront une prime qui certes est exonérée de toutes cotisations sociales patronales et salariales, mais non obligatoires ? Seul l’avenir nous le dira.

L’année 2022 pourrait être l’année de tous les changements. En effet, l’inflation s’est ajoutée à un autre phénomène nouveau, une vague de démissions massive. Si la tendance en France n’a pas été aussi importante qu’aux États-Unis, un vent différent semble souffler sur le monde de l’entreprise.

Et le niveau de rémunération va jouer un rôle capital. Les salariés demandent plus de considération pour faire face à une augmentation des prix qu’ils ne font que subir. Les employeurs auront également tout intérêt à réévaluer les salaires s’ils veulent conserver leurs collaborateurs ou en recruter de nouveaux.

 

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