Accueil Économie Emploi : de meilleures perspectives en France en 2021?

Emploi : de meilleures perspectives en France en 2021?

La marché de l’emploi semble s’améliorer en France, en dépit de la persistance de l’épidémie de Covid-19. Alors que l’Insee avait anticipé un tassement, l’emploi salarié a, contre toute attente, légèrement rebondi au premier trimestre 2021.

Selon les données provisoires publiées ce vendredi par l’Insee, les entreprises privées ont en effet créé pas moins de 57.300 emplois sur les trois premiers mois de l’année, ramenant à 262.900 le nombre de postes détruits depuis la fin 2019 à cause de la crise. « Ce n’est pas mauvais, c’est même une bonne surprise  », reconnaît Sylvain Larrieu, chef de la division synthèse et conjoncture du marché du travail à l’institut de la statistique. « Notre analyse était qu’un certain nombre d’entreprises frappées par les restrictions sanitaires allaient commencer à se séparer de leurs salariés faute de pouvoir tenir plus longtemps malgré les aides. Cet effet n’a, apparemment, pas été dominant au premier trimestre », explique-t-il.

Certes, l’emploi est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant crise. Mais il a refait une partie non-négligeable du chemin perdu en un an et (sauf retour à une situation épidémique grave) la vague des plans sociaux prédite n’aura peut-être pas lieu. D’autant que les chiffres de l’Insee sont confortés par d’autres études qui vont toutes dans le même sens.

Pôle emploi et l’Apec plus optimistes sur le marché du travail

Après une année 2020 difficile, et en dépit de conditions sanitaires encore incertaines, Pôle emploi semble regarder avec confiance les perspectives pour 2021. Selon son baromètre 2021 des besoins en main-d’œuvre des entreprises, publié au début du mois, il y aurait 2,7 millions de projets de recrutement cette année, soit 30 000 de plus qu’en 2019. Or, sachant que généralement, huit intentions d’embauche sur 10 vont généralement au bout, le résultat de ce baromètre est donc un signe très encourageant de reprise. « Les résultats sont extrêmement encourageants. On sent que les entreprises sont dans les starting-blocks », a commenté Stéphane Ducatez, le directeur Etudes et Performance de l’opérateur public, lors d’une conférence de presse.

Le pourcentage d’établissements concernés par ces éventuelles embauches reste stable, à un peu plus d’un sur cinq. Mais, et c’est un fait notable, ce sont surtout les entreprises de moins de 10 salariés qui sont demandeuses. Cette étude ne prend pas en compte les CDD courts ou très courts, ce qui fait que le nombre final des déclarations d’embauche pourrait être largement supérieur.

De son côté, l’Apec a lui aussi fait preuve d’optimisme dans ses dernières prévisions sur l’emploi des cadres publiées début mai. Selon l’Association, en 2021, les entreprises envisageraient de recruter 247 000 cadres, soit une progression de 8% par rapport à 2020. Cependant, cela ne suffira pas pour renouer avec les niveaux d’avant crise. Les recrutements de cadres devraient en effet se situer 12% en dessous de leur niveau de 2019. Certains secteurs (automobile-aéronautique, hôtellerie-restauration, distribution spécialisée) resteraient très affectés par la crise.

Dans un contexte de relance mondial, l’intensification des échanges internationaux pourrait également apporter du souffle à la reprise, permettant à l’économie française de s’appuyer sur un levier de croissance .

Des chiffres dans le sens des projections du gouvernement

Ces enquêtes, tant celles de l’Insee que de l’Apec, vont dans le sens des projections du gouvernement. Le programme de stabilité qu’il a récemment envoyé à Bruxelles prévoit 100 000 emplois salariés supplémentaires cette année dans le privé.

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a récemment rassuré lors d’une interview, rappelant que la situation de trésorerie des entreprises n’était pas particulièrement inquiétante, malgré les craintes que suscite la fin programmée des aides publiques. « Il ne faut pas exagérer le risque de faillites dans les prochains mois », a-t-il précisé.

Cependant, l’incertitude sanitaire risque de peser. L’économie française récupère du choc du premier semestre 2020 avec environ 60% des pertes d’emploi ayant eu lieu au premier et second trimestre qui ont été depuis effacées. La dynamique semble bien là.  La situation va dépendre principalement de la situation sanitaire », rappelle Sylvain Larrieu, le chef de la division synthèse et conjoncture à l’Insee. Selon lui, le rebond attendu par le gouvernement grâce au plan de relance (100.000 créations d’emplois cette année, 300 .000 d’ici fin 2022) dépendra de la « confiance des entreprises des secteurs les plus touchés dans le retour à une activité normale ».

Autre interrogation, celle concernant les conditions de sortie du dispositif de chômage partiel mis en place depuis un an, et qui a fortement limité les suppressions d’emploi.
Les experts s’attendent par ailleurs à 100.000 liquidations d’ici à la fin décembre, soit le double de la normale, en rattrapage d’une année 2020 peu fournie en faillites, en raison des aides publiques.

Si la relance économique porte ses effets, et que l’épidémie reste maîtrisée, alors on pourra considérer que le pari sur l’emploi est a toutes les chances d’aboutir. Mais dans le cas contraire, il faudra encore attendre un peu pour un retour à la normal.

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