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Est-il prudent d’acheter du bitcoin ?

Une fois encore, le bitcoin affole les marchés financiers. Depuis le début de l’année, soit depuis moins de deux mois, la devise numérique a pris plus de 70%. Si l’on prend en point de référence le mois de mars 2020, son plus bas de l’année, la progression est de plus de 1000%. La semaine dernière, il franchissait le seuil des 50 000 dollars, se rapprochant peu à peu de la barre des 60 000. Sa capitalisation boursière a dépassé en début de semaine les 1000 milliards de dollars. C’est trois fois celle du numéro un mondial du luxe LVMH. Tout le monde semble désormais s’intéresser au bitcoin, les banques, les entreprises, les investisseurs institutionnels. Certains le comparent à une valeur refuge. Pour autant, est-il prudent pour un particulier de s’y intéresser ? Selon un sondage Ifop, ils seraient 14% à l’envisager.

Qui achète du bitcoin ?

Evoluant autrefois en marge de la finance, le bitcoin a gagné en crédibilité. Il est clair qu’il n’est plus depuis longtemps une devise réservée aux geeks et au dark web. Aujourd’hui, tout le monde s’y intéresse. Depuis un peu plus d’un an, les investisseurs institutionnels se pressent pour entrer sur ce marché, et ont créé des fonds en bitcoin pour leurs clients. Selon une étude de Fidelity Digital Assets réalisée en 2020 auprès de 800 investisseurs institutionnels aux États-Unis et en Europe, 36% des répondants ont déclaré investir aujourd’hui dans des actifs numériques, et 6 sur 10 estiment que ces mêmes actifs ont une place dans leur portefeuille d’investissement. C’est sans doute l’intérêt grandissant de ces acteurs financiers qui a participé à la hausse de la devise virtuelle.

Les entreprises s’y mettent aussi. Ces derniers mois, plusieurs entreprises, cotées pour la plupart ont officiellement déclaré avoir acheté du bitcoin. La dernière en date, Tesla, qui par la voix de son fondateur, Elon Musk, a annoncé avoir acquis pour 1,5 milliard de dollars de bitcoin, et l’accepter désormais comme mode de paiement. C’est cette annonce qui a permis à la devise numérique d’être propulsée au-delà des 50 000 dollars. Mais Tesla n’est pas la seule entreprise à avoir fait rentrer cet actif dans sa trésorerie. L’entreprise MicroStratégy avait fait de même bien avant, dès l’été dernier, en achetant 21 454 bitcoins pour 250 millions de dollars. Depuis, les acquisitions de la société informatique se sont multipliées. Aujourd’hui, elle détiendrait dans son bilan quelques 71,079 bitcoins qui représentent aujourd’hui une valeur de 2,6 milliards de dollars. A ce niveau de montant, il n’est plus étonnant de voir la devise numérique s’envoler.

Les particuliers, de leurs côtés, ont également commencé à s’y mettre. Mais dans une moindre mesure. Il est vrai que le bitcoin reste un investissement risqué qui n’est pas adapté à tous les profils d’investisseurs.

Un actif volatil et très (trop?) risqué

Le bitcoin reste, en dépit de sa très forte progression un actif risqué, notamment en raison de sa volatilité. Depuis sa création, la cryptomonnaie nous a habitués à des retournements de cours aussi brusques que soudains. En février 2020, elle culminait à presque 10 000 dollars. A la mi-mars, elle dévissait soudainement à moins de 4000 dollars, entraîné par le krach des marchés financiers qui encaissaient la crise du Covid-19. Ce type de brusque variation des cours, le bitcoin y est coutumier. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles certains préfèrent considérer sa tendance de fond, qu’ils estiment haussière, plutôt les cours au jour le jour. Depuis son incursion au dessus des 55 000 dollars, il y a quelques jours, la crypto devise est déjà redescendue sous la barre des 50 000 dollars, en quelques heures, essentiellement en raison des prises de bénéfices.

Bien qu’il soit tentant de profiter de l’incroyable envolée de la devise numérique, cela reste très risqué pour un investisseur individuel. Le bitcoin n’est pas un actif réglementé. C’est d’ailleurs une des raisons qui pendant des années a freiné son essor. Pour les banques centrales, ce n’est pas une monnaie mais un actif purement spéculatif. Il n’est pas corrélé aux fondamentaux de l’économie et ne repose sur rien. Ce qui en fait un placement particulièrement à risque en dépit des récents rendements qu’il affiche.

Depuis le début de la crise, les autorités monétaires du monde entier, ne cessent d’injecter des liquidités sur les marchés. Ces milliards de dollars ou d’euros créés par les banques centrales ont poussé les investisseurs à considérer le bitcoin comme une valeur refuge. On le qualifie d’ailleurs d’or numérique.

Pour une large partie de la communauté financière, ce qualificatif n’a guère de sens. Certes, actuellement, alors que les monnaies fiduciaires comme le dollar manquent de soutien, le bitcoin semble en comparaison un actif stable sur lequel on peut compter. Mais il en faut un peu plus pour pouvoir se targuer de cette appellation de valeur refuge. Le bitcoin n’est pas l’or. Quand il affichera des historiques de cours supérieurs à 100 ans, on pourra peut-être en reparler. En attendant, les particuliers tenté de profiter des incroyables rendements du bitcoin peuvent le faire, mais à leur risque et péril. Pour les autres, l’assurance-vie ou l’immobilier restent de bons placements, des valeurs sûres, même si leurs rendements sont moindre comparé au bitcoin.

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