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Politique monétaire : la BCE ressert les boulons

Oui, non, peut-être ? Les intentions de la Banque centrale européenne en matière de normalisation de sa politique monétaire sont longtemps restées floues. Le taux d’inflation ne lui laisse toutefois plus de choix. Déjà estimé à 7,5 % sur un an en avril dernier, il oblige la BCE à agir.

La normalisation de sa politique monétaire est désormais bel et bien en cours. Ce qu’à confirmer Philip R. Lane, membre du directoire de l’institution européenne, lors d’une interview donnée à Cinco Dias. La feuille de route de la BCE est désormais claire. Elle comprend « la fin de l’assouplissement quantitatif au début du troisième trimestre, puis deux hausses de taux en juillet et en septembre, de sorte qu’à la fin du troisième trimestre, nous soyons sortis des taux négatifs », a détaillé Philip R. Lane.

Politique monétaire : un calendrier

Le rythme de la normalisation, la vitesse à laquelle les taux vont être augmentés, fait également l’objet d’interrogations. Elles se concentrent « sur le déplacement par unités de 25 points de base, de sorte que les augmentations de 25 points de base lors des réunions de juillet et de septembre constituent un rythme de référence. Toute discussion sur d’autres mouvements devrait plaider en faveur d’un mouvement plus fort que cette séquence de hausses en juillet et septembre. La discussion aura lieu, mais notre évaluation actuelle de la situation, où nous estimons que les perspectives d’inflation à moyen terme sont conformes à notre cible de 2%, appelle à une approche graduelle de la normalisation »

On le sait. Les hésitations en la matière de la Banque centrale européenne étaient dues aux potentielles répercussions négatives qu’une politique monétaire restrictive peut avoir sur la croissance en zone euro. En Europe les prévisions la concernant sont en berne estimées à 2,7% pour 2022 et 2,3 % pour 2023 (contre 4 % et 2,8 % dans les prévisions intermédiaires publiées pendant l’hiver 2022).

Craintes pour la croissance

Un resserrement de la politique monétaire de la BCE pourrait-elle non seulement nuire à la croissance mais également entraîner une possible récession ? Philip R. Lane se veut rassurant. « Il s’agit plus d’un retrait de la relance que d’un resserrement monétaire. La politique monétaire continuera d’être favorable. Sortir des taux négatifs en septembre ne signifie pas que les taux d’intérêt vont être élevés – ceux-ci vont toujours être relativement favorables. L’économie de la zone euro devrait encore croître, bien qu’à un rythme plus lent que prévu ».

En attendant, l’indice du sentiment économique dans la zone euro que vient de publier la Commission européenne montre que une diminution des anticipations d’inflation des consommateurs. Il avait atteint un niveau record en mars, mais a baissé en avril et en mai. Chez les producteurs également l’indice est en baisse passant de 60,0 en avril (un record) à 56,1 en mai.

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