Accueil Bourse & Marchés Faut-il se méfier de la société de gestion BlackRock ?

Faut-il se méfier de la société de gestion BlackRock ?

Le rôle de l’entreprise américaine en gestion d’actifs dans l’élaboration des régimes de retraite a fait découvrir le nom de BlackRock aux yeux du grand public. Opaque pour certains, légende de la finance pour d’autres, la société jouit d’une influence qui peut poser question.

L’entreprise gère des centaines de milliards de dollars faisant d’elle une super puissance économique dans le monde. En France, Larry Fink, patron de BlackRock, peut se vanter d’être  proche de l’administration du président Emmanuel Macron.

Mais alors, qui est vraiment BlackRock et quel risque représente-t-elle ?

Blackrock : un géant de la finance

Fondée en 1988, la société de gestion BlackRock est le fruit d’une association entre huit banquiers d’affaires issus de banques d’investissement comme First Boston ou encore Lehman Brothers.

Trois ans plus tard, soit en 1992, BlackRock cumule pas moins de 17 milliards de dollars d’actifs. Ce chiffre sera multiplié par 3 en 1994 avec plus de 53 milliards de dollars en gestion d’actions financières. Cette même année aura lieu la séparation d’avec Blackstone, un groupe historiquement rattaché à l’entreprise américaine.

L’introduction sur les marchés financiers est effective en 1999 avec une action BlackRock à 14 dollars à l’époque.

Alors que des banques renommées comme Lehman Brothers seront conduites à la faillite, BlackRock fera encore mieux que se maintenir à l’équilibre puisqu’elle sera chargée par la Réserve fédérale de New York de gérer des fonds d’actifs de différentes banques en difficulté afin d’assurer leur survie.

Nous sommes en 2010 et BlackRock annonce détenir 4 000 milliards d’actifs, ce qui en fait l’une des sociétés d’investissement les plus influentes au monde.

Les activités de l’entreprise BlackRock

La firme BlackRock est spécialisée dans la gestion de capitaux d’entreprises privées, mais également d’institutions publiques. Elle est également connue pour la gestion de fonds de pension de retraite américains et mondiaux.

Ceci scellera la réputation de la firme américaine et dirigera assurément son activité dans les fonds négociés en bourse (ETF Blackrock). Il s’agit de fonds de placement en valeurs mobilières dont les parts peuvent être négociées en bourse comme des actions classiques. Leur produit phare est le iShares indexé sur le S&P 500 totalisant 325 milliards de dollars d’actifs.

Selon le classement publié par Fortune 500 regroupant les 500 premières entreprises américaines selon leur chiffre d’affaires sur une année civile, l’ensemble des activités de BlackRock lui permet d’occuper la 237e place. Sa capitalisation boursière s’élève à 61 milliards de dollars US.

BlackRock et le régime des retraites en France

Cette entreprise florissante donne lieu à de nombreuses critiques et devient le sujet de polémiques retentissantes.

BlackRock s’est fait connaître dans l’hexagone à la suite de sa tentative d’implication dans la réforme des retraites.

Avec l’allongement de l’espérance de vie en France et dans le monde, la manière de financer les retraites est à repenser. Avec un déficit de plus de 10 milliards d’euros en 2021, le système par répartition est remis en cause.

Sous la responsabilité du Président Emmanuel Macron, le gouvernement s’est penché sur les différentes alternatives. C’est ici qu’intervient BlackRock. Elle est accusée d’être en partie responsable de ce changement de cap, notamment à la suite de la décoration de la Légion d’honneur de Jean-François Cirelli, le dirigeant de la branche française BlackRock.

Si l’initiative d’un projet porté vers la mise en place de la capitalisation fait gronder, ce sont surtout les liens prétendument étroits entre le pouvoir et les décideurs de BlackRock qui ont soulevé de nombreuses interrogations.

Le fond du problème réside dans le fait que la retraite par capitalisation engendre une obligation d’épargne et plus largement d’investissements pour préparer sa retraite. Les plans d’épargne retraite sont des produits financiers proposés par BlackRock. Le métier de la firme est de placer l’argent des épargnants dans le but de le faire fructifier.

L’obligation de porter une stratégie d’investissement sur des produits de retraite estampillés BlackRock n’est évidemment pas l’objectif du rapprochement entre la firme et le gouvernement français. Cependant, au vu de sa puissance sur ce marché, il est facile d’en déduire que le grand gagnant sera bien le gestionnaire d’actifs américain.

Le problème écologique soulevé par BlackRock

Par opportunité ou motivation profonde de participer à la transformation écologique, l’entreprise américaine avait récemment déclaré avoir envie de faire de l’environnement un sujet central de ses préoccupations. Cette prise de position fait fausse note. Scrutée dans ses moindres faits et gestes, BlackRock suscite l’intérêt général.

Avec plus de 7 milliards de dollars d’actifs en gestion, son influence peut apporter un coup de boost considérable à des investissements dits durables et responsables.

Dans les faits, il est plus difficile de vérifier si les promesses ont été suivies par des actes concrets. À l’heure actuelle, le géant de la finance n’aurait appliqué que 13 % des mesures environnementales sur lesquelles il s’était engagé. Trop peu pour les observateurs qui pointent également du doigt les actions que possède la firme. En effet, BlackRock entre au capital de nombreuses entreprises cotées telles que Apple et Nike qui ne sont pas des exemples en matière de conscience écologique.

Pourquoi BlackRock et non d’autres grands comptes en gestion d’actifs ? Tout simplement par sa puissance économique et sa capacité d’investissement. Elle participe notamment au financement d’entreprises qui contribuent activement à la déforestation ou à l’exploitation des énergies fossiles.

 

Si la finance alimente tous les fantasmes et parfois aussi les critiques, le cas de BlackRock reste particulier. Par sa position dominante et ses résultats financiers exceptionnels, il est très difficile d’entrer en opposition avec la super puissance BlackRock.

Cependant, il est indispensable de s’assurer que l’hégémonie de la firme américaine sur les marchés financiers soit contrôlée pour ne pas revivre la catastrophe de Lehman Brothers et mettre à mal l’économie mondiale une nouvelle fois.

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