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En Europe, le spectre de la contraction économique

Il semble bien que les nuages noirs de la contraction économique continue de s’accumuler dans le ciel de l’Europe. C’est en tout cas ce qu’indique le très scruté indice composite PMI Flash S&P Global pour la zone euro.

Au mois de juillet, l’indice composite de l’activité globale s’est replié à 49,4 signalant (comme à chaque fois qu’il passe en dessous des 50) une contraction de l’activité économique. En juin, ce dernier s’était établi à 52.

Les effets de l’invasion russe en Ukraine continue donc de se faire sentir mêlant baisses simultanées des niveaux d’activité et du volume des nouvelles affaires, crise énergétique et pénuries d’approvisionnement, et inflation galopante.

Contraction économique : l’Allemagne touchée

C’est en Allemagne que la contraction de l’activité globale a été la plus importante. L’indice PMI composite allemand s’est replié à 48. Il affiche, de fait, son plus bas niveau depuis 2020.

Du côté de la France, l’activité a continué de progresser, mais le rythme de croissance s’est largement essoufflé avec un indice PMI Flash s’établissant à 50,6, soit le rythme d’expansion le plus faible enregistré depuis 16 mois.

Les données sectorielles de l’enquête mettent en évidence une dégradation générale de la conjoncture du secteur manufacturier, la contraction économique ayant toutefois été menée par les sous-secteurs de l’industrie chimique, des ressources naturelles et de l’automobile.

Parallèlement, les données relatives au secteur des services ont mis en évidence une baisse de l’activité, ou un ralentissement de sa croissance, dans les sous-secteurs offrant des services directs aux consommateurs, tels que ceux du tourisme, des loisirs, des médias et du transport.

Cette tendance, que les entreprises interrogées expliquent généralement par l’augmentation du coût de la vie et par les conditions météorologiques, contraste fortement avec le fort rebond des activités de services aux consommateurs enregistré au printemps lors du retrait des mesures sanitaires destinées à lutter contre le variant Omicron.

L’activité s’est également fortement repliée dans le secteur bancaire et celui de l’immobilier, en raison notamment du resserrement des conditions financières. Enfin, si l’activité a continué de progresser dans le secteur des services industriels, la croissance a été l’une des plus faibles enregistrées depuis les confinements du début de l’année 2021.

Une première depuis 2013

Comme le note Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, commente ainsi les derniers chiffres de l’enquête PMI Flash, « Si l’on exclut les périodes de confinements sanitaires, la baisse de l’activité globale enregistrée en juillet est la première depuis juin 2013. Elle indique en outre un recul trimestriel du PIB de l’ordre de 0,1 %, soit un rythme de contraction économique pour l’heure marginal mais qui, compte tenu du fort repli des nouvelles affaires, de la baisse du volume des affaires en cours et de la dégradation des perspectives d’activité, devrait s’accélérer dans les prochains mois ».

La forte hausse des taux directeurs (+50 points de base) décidée par la BCE pour lutter contre l’inflation pourrait accentuer les risques de contraction économique et donc de récession dans la zone euro.

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