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La croissance mondiale sera menée par les Etats-Unis

Les Etats-Unis pourraient bien prendre le large face à l’Europe et mener la croissance mondiale. Si des deux cotés de l’Atlantique, la réponse à la crise du covid est passée par des plans d’aide à plusieurs milliards de dollars ou d’euros, il semblerait néanmoins que l’Amérique ait un train d’avance. Les Etats-Unis voient peu à peu les clignotants passer au vert et son économie se remet de la crise sanitaire. En Europe, ce ne semble pas être encore le cas.

Une croissance mondiale revue à la hausse

Les perspectives économiques mondiales se sont améliorées avec le déploiement de la vaccination contre le COVID-19 et l’adoption aux Etats-Unis d’un vaste plan de relance, Depuis, les organismes économiques ont tous revu à la hausse leurs prévisions de croissances. Dernier en date, l’OCDE a publié à la mi-mars ses dernières estimations. L’économie mondiale devrait rebondir de 5,6% cette année et croître de 4% l’an prochain, estime désormais l’Organisation économique qui prévoyait en décembre une croissance de 4,2% pour 2021 et de 3,7% pour 2022.

Plus intéressant encore : selon l’OCDE, en 2021, la croissance mondiale, plus forte que prévu, sera portée par le rebond massif de l’économie américaine. La bonne tenue de l’économie américaine dont les prévisions de croissances ont plus que doublé, passant désormais à 6,5% cette année, près du double de ce que l’OCDE avait prévu en fin d’année dernière. Le monde devrait retrouver ses niveaux de production d’avant la pandémie d’ici le milieu de l’année, soit six mois plus tôt que prévu, grâce au plan de relance américain de 1 900 milliards de dollars. Mais cette performance n’est pas sans susciter certaines inquiétudes et « pourrait déséquilibrer une économie mondiale fragile », a récemment souligné le Wall Street Journal.

Le plan de relance américain, facteur de la reprise mondiale

Le plan de relance de l’économie américaine va rayonner bien au-delà des frontières des États-Unis. Pour Gerry Rice, le porte-parole du Fonds monétaire international, la plupart des pays devraient bénéficier d’une demande américaine plus forte tant pour les produits de base que pour les importations de biens et services. « Cela contribuera à la croissance et la reprise mondiale. C’est la raison pour laquelle l’institution prévoit de revoir elle aussi à la hausse ses prévisions qui seront publiées le 6 avril prochain. Mais des risques demeurent. Si les États-Unis vont jouer le rôle de locomotive mondiale cette année ( peut-être même devant la Chine), « nous devons être attentifs aux risques et les pays doivent bien entendu être vigilants […] à tout risque éventuel, y compris un éventuel resserrement financier », a cependant averti le porte-parole du Fonds. Certains s’inquiètent beaucoup de l’inflation. Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, n’a eu de cesse de balayer ces inquiétudes, répétant continuellement que la hausse des prix n’était pas actuellement un problème et que la Fed disposait des outils nécessaires pour s’en occuper le cas échéant.

Le risque de surchauffe d’une économie sous perfusion est réel. Cependant, aux Etats-Unis, la priorité pour le moment n’est plus au débat mais à la mise en œuvre du plan de relance. Le déploiement de la campagne de vaccination, condition essentielle à toute reprise économique, est en marche. Et bien que certains experts américains de la santé expriment leur inquiétude face à l’assouplissement ou à la suppression pure et simple des restrictions au COVID-19 par de nombreux États, le résultat pour l’instant est que les États-Unis prennent une longueur d’avance dans la reprise post-pandémique.

Une Europe à la traine

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’Europe s’est attelée à soutenir son économie. Mais il semblerait qu’elle ait un train de retard. Bien que validé le 21 juillet dernier, le plan de relance européen de 750 milliards doit encore être voté par les 27 États membres. Alors que les États-Unis viennent d’adopter leur troisième plan de relance, l’Europe attend toujours le sien. Pendant ce temps, les États-Unis ont mis plus d’un tiers de leur PIB sur la table pour doper leur économie. Certains commentateurs débâtent sur les conséquences de cette injection massive de liquidités dans l’économie américaine, sur les risques de surchauffe et d’inflation.
En Europe, on en est encore bien loin de ces discussions. Des divergences fondamentales existent entre les pays de l’Union européenne sur l’existence même des mesures de relance. Ainsi, en fin de semaine dernière, la Cour constitutionnelle allemande a interdit au président allemand de promulguer la loi approuvant le plan de relance auquel le Parlement allemand avait pourtant donné son feu vert. L’autorité juridique avait été saisie par l’extrême droite, qui rechigne à dépenser pour la relance des pays voisins, moins rigoureux que l’Allemagne sur la discipline budgétaire.

Europe/Etats-Unis: écart de croissance

Il faut à présent attendre que la Haute cour allemande se prononce sur le fond. Or, à ce stade, tout retard sera préjudiciable, notamment en ce qui concerne la croissance. La Banque centrale européenne ne cesse de le dire, les économies européennes, la France, l’Italie, l’Espagne, et toutes les autres, ont absolument besoin de ces fonds pour faire repartir la machine, accélérer la relance, créer de l’emploi. Or, pour le moment, le retard s’accumule.
Le retard, il existe également en ce qui concerne les campagnes de vaccination contre le Covid. Manque de vaccin, craintes des Européens face à cette campagne, l’Europe accumule les retards.
Or, seule une vaccination massive pourra entraîner un retour tangible de l’activité économique.
Pour le moment, on en est loin. Le PIB de la zone euro devrait d’ailleurs se contracter de 0,4% au premier trimestre selon l’OCDE. Alors que l’économie redémarre aux Etats-Unis, l’Europe reste encore confinée. Un véritable fossé est en train de se créer. Un écart de croissance notable entre les deux blocs est à prévoir. Alors qu’elle devrait largement atteindre 6,5% aux Etats-Unis, celle de la zone euro ne dépassera pas 3,9% en 2021, et ce, uniquement dans l’hypothèse d’un déploiement des vaccins qui pour le moment prend du retard.

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