Accueil Économie La France, championne des aides publiques sociales en 2020

La France, championne des aides publiques sociales en 2020

Selon une récente étude de l’OCDE, la France a consacré l’an dernier 32% de son PIB aux dépenses d’aides publiques sociales, bien plus que la moyenne des 38 pays membres de l’OCDE qui s’élève à 19,9%. L’hexagone dépasse ainsi des pays pourtant réputés pour favoriser une politique d’Etat providence, comme la Finlande qui consacre 29,6% de son PIB aux dépenses sociales ou encore le Danemark (29,2%) mais aussi l’Allemagne (25,4%) et la Norvège (25,2%).
Comme dans le reste des pays de l’OCDE, la plus grosse part de ces dépenses d’aides publiques sociales est dédiée aux pensions de retraite et de réversion ainsi qu’au système de santé. Les retraites et réversion pèsent 13,6% du PIB français, plus que la moyenne (7,8%) mais moins qu’en Italie et en Grèce où elles représentent plus de 15% du PIB. Les retraites ont toujours eu une place centrale dans les dépenses d’aides publiques française. D’après le site d’information sur les finances publiques Fipeco, les dépenses consacrées aux retraites ont grimpé de 2,8 points de PIB entre 2001 et 2019 alors qu’elles n’avançaient que de 1,5 point dans le reste de la zone euro.
La France est en revanche sans conteste championne des dépenses de santé avec 8,5% de son PIB qui y est dédié, contre 5,6% en moyenne. « Ces différences de dépenses publiques sont liées à la structure d’âge des populations et à la nature des systèmes de santé et de pension, c’est-à-dire la générosité des systèmes et la proportion à laquelle les pays ont recours aux régimes privés d’assurance-maladie et de pension », explique l’OCDE.

Les aides publiques sociales aux actifs (que l’OCDE réunie dans la catégorie « soutien au revenu de la population en âge de travailler » représentent en France 5,3% du PIB. Elles regroupent les allocations-chômage, allocations familiales ou encore les dépenses pour invalidité. Bien qu’au-dessus de la moyenne (3,7%), la France est loin d’être le pays qui y consacre la plus grosse part de son PIB. Elle est devancée pour cette catégorie par la Norvège (5,9%) et la Finlande (5,7%).

Les aides publiques sociales en hausse depuis le Covid

L’OCDE constate globalement que les dépenses consacrées aux aides publiques sociales sont, années après années, tirées vers le haut par le vieillissement de la population, mais aussi les crises économiques. Le pic des dépenses avait ainsi été atteint lors de la crise financière de 2009, alors qu’elles représentaient en moyenne, dans l’ensemble de l’OCDE, 21% du PIB. Dans les années qui ont suivi cette crise, un rebond de l’économie mondiale avait permis de faire revenir ces dépenses d’aides publiques sous la barre des 20% ces dix dernières années.
Mais la crise du Covid risque bien de faire de nouveau évoluer la part des dépenses sociales dans le PIB. « La pandémie de 2020 devrait entraîner une nette augmentation des dépenses sociales. Les demandes adressées aux systèmes de soins de santé ont évidemment augmenté, et un large éventail de soutiens sociaux a été mis en place ou étendu pour aider les personnes à faire face aux effets économiques de la pandémie », souligne l’OCDE. « Le Covid-19 a entraîné des dépenses dans toute une série de domaines de la politique sociale en 2020, mais on ne sait pas encore quelle sera l’ampleur de l’effet global », peut-on lire dans l’étude de l’OCDE.

Chômage partiel, hausse des prestations sociales et des dépenses de santé… La France a particulièrement ouvert les vannes au printemps et ne les a pas refermées depuis. La seule prise en charge de l’activité de chômage partiel s’élève à 34 milliards d’euros. Plombée par la crise, la dette française grimpe à 120% du PIB. « Ce soutien à l’économie tricolore est le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais ces dépenses sont des investissements sur le capital humain et matériel de notre pays et lui permettront de repartir très rapidement », a expliqué récemment Bruno Le Maire lors d’une intervention.
Alors que l’activité économique devrait se contracter de 11% cette année selon les prévisions du gouvernement, le poids des dépenses publiques sociales dans le PIB va mécaniquement grimper, prévient l’OCDE.

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