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OCDE: hausse «hors du commun» de la croissance mondiale en 2021 et 2022

L’OCDE vient de relever ses prévisions de croissance mondiale pour 2021 et 2022. L’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique anticipe désormais une croissance mondiale de 5,8% cette année et de 4,4% l’an prochain, après une contraction de 3,5% en 2020.

Par rapport aux dernières perspectives économiques de l’OCDE publiée en mars, on note donc un relèvement de 0,2 point de pourcentage pour la croissance mondiale en 2021 et de 0,4 point en 2022. Cependant, certains facteurs pourraient peser sur ce scénario.

Un croissance mondiale en forte hausse

« Un taux de croissance jamais vu depuis 1973 ». C’est par ces mots que Laurence Boone, l’économiste en chef de l’OCDE, a salué la reprise de l’économie mondiale. Avec 5,8% de croissance prévue cette année et 4,4% l’année prochaine, l’OCDE affiche un tableau optimiste.

Plus d’un an et demi après l’apparition du virus sur le sol chinois, l’économie mondiale commence à sortir du gouffre. Elle a globalement retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Au-delà de ces chiffres spectaculaires, il faut rappeler que la croissance allait mécaniquement connaître un fort rebond cette année après un violent plongeon en 2020 de -3,5%. Mais cette vigueur rassure néanmoins.

Si ’économie mondiale est maintenant revenue aux niveaux d’activité d’avant la pandémie, elle n’a pas encore atteint la croissance attendue avant la crise sanitaire mondiale, a déclaré l’OCDE dans sa dernière publication sur les Perspectives économiques.

En dépit de cette reprise vigoureuse, l’économie mondiale accuse toujours une perte de 3.000 milliards de dollars de PIB par rapport aux projections qui avaient été faites avant la crise du Covid. C’est certes énorme, mais c’est seulement la moitié de ce qui était redouté en décembre 2020, tempère l’OCDE.

Hausse de la production manufacturière, forte reprise du commerce mondial de marchandises, rebond de la consommation post-confinement: de nombreux signaux sont désormais au vert. Selon les prévisions de l’OCDE, la plupart des économies devraient avoir retrouvé d’ici la fin de 2022 leur niveau de croissance de 2019.

L’OCDE optimiste

La croissance mondiale devrait être tirée par le redressement de l’économie américaine après plusieurs plans de relance vertigineux. La reprise menée par les États-Unis, où le président Biden parie sur un paquet d’infrastructures de 2 000 milliards de dollars pour mettre fin plus rapidement aux effets de la pandémie, a contribué à améliorer les perspectives mondiales, a déclaré le groupe.

La hausse attendue des dépenses privées dans le monde devraient contribuer à soutenir les économies. Hausse de la production manufacturière, forte reprise du commerce mondial de marchandises, rebond de la consommation post-confinement: de nombreux signaux sont désormais au vert.

Mais pour l’organisation internationale, la reprise est loin d’être homogène. Si la Chine a retrouvé son niveau d’activité d’avant la pandémie au bout de seulement six mois, l’Argentine devrait patienter, en tout, plus de cinq ans. La croissance projetée cette année est de 8,5% en Chine et de 6,9% aux États-Unis, deux pays qui ont déjà retrouvé leur niveau pré-pandémique. Par contre, la reprise sera plus lente au Japon (2,6%) et en Allemagne (3,3%). La France, avec 5,8% anticipée, se situe en milieu de peloton. Ces estimations sont cependant supérieures aux dernières prévisions de Bercy.

Par ailleurs, l’OCDE pointe des facteurs qui pourraient relever à la hausse ces bonnes perspectives. Ainsi, selon l’organisation internationale, si un dixième de l’excès d’épargne constitué durant la pandémie était consommé, la croissance pourrait même être supérieure de près d’un point.

Risques de « vents contraires »

Ces perspectives rassurantes sont néanmoins également entourées d’important risque de révision des projections à la baisse. L’OCDE pointe en premier lieu les incertitudes qui subsistent sur l’évolution de la pandémie.

La lenteur de la vaccination dans certaines régions fait peser un risque. A moins que des campagnes de vaccinations généralisées ne soient rapidement mise en place dans le monde, de nouveaux variants, plus contagieux et plus résistants aux vaccins existants pourraient apparaître.

Dans ce cas de figure, il faudrait alors réintroduire des mesures de confinement strictes entrainant des coûts économiques très importants. Cela lamineraient la « confiance » et nombre d’entreprises, « bien protégées jusque-là, mais souvent lestées d’une forte dette, pourraient faire faillite », prévient Mme Boone.

A l’inverse, note l’OCDE, des campagnes de vaccination plus rapides que prévu renforceraient la reprise dans toutes les économies.

Autre risque majeur identifié par l’OCDE : la nervosité des marchés financiers, prompts à s’alarmer des poussées inflationnistes observées ici et là, mais qui, selon l’organisation internationale, sont un phénomène temporaire lié au rattrapage économique.

« Nous pensons que l’inflation devrait refluer en 2022 et que les goulets d’étranglement » responsables de pénuries « devraient être résorbés d’ici la fin de l’année », a assuré Laurence Boone.

L’OCDE considère que les banques centrales des économies avancées devraient maintenir des conditions financières assouplies et tolérer que l’inflation dépasse leurs objectifs.

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