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L’AMF publie sa cartographie des marchés et des risques 2021

Les indicateurs de marché et des risques sont de retour à la normal. Tel est le premier enseignement délivré par la cartographie que l’AMF vient de publier. Un retour à la normal dans un contexte qui reste incertain.

L’organisme note en effet « le maintien de vulnérabilités sanitaires, mais aussi économiques et financières : hétérogénéité de la reprise, accroissement de la dette publique et privée, menace de taux d’intérêt croissants et d’inflation, multiplication d’incidents opérationnels graves sur les infrastructures de marché, ou risques liés à la transition vers de nouveaux indices de référence.

Les évolutions des marchés financiers post Brexit soulignent, par ailleurs, les risques pesant sur la souveraineté et la compétitivité de l’Union européenne ».

Le risque que posent les variants

Ce retour à la normale est-il susceptible de se voir infirmer par le développement des variants du Covid-19 ? La question n’est pas éludée par l’AMF.

Le document affirme ainsi que « dans un contexte où les campagnes de vaccination se déroulent à différentes vitesses en parallèle du développement de variants, l’incertitude autour de la sortie de crise sanitaire demeure toutefois importante et la nette amélioration des perspectives économiques ne concerne ni tous les secteurs ni tous les pays ». Et l’AMF de souligner que l’arrêt des dispositifs d’aide aux entreprises pourrait être synonyme de problèmes de solvabilité pour celles fragilisées par la crise.

De plus, le risque lié à la soutenabilité des dettes publiques demeure une préoccupation à moyen terme, vu leur envolée pour faire face à la crise sanitaire et à la récession, et vu le risque d’une remontée des taux d’intérêt alimentée par le retour de la croissance et d’une inflation qui devient significative.

Focus sur les incidents de marché

L’année 2021 a été synonyme de multiples incidents de marché souligne, par ailleurs, l’AMF qui prend en exemple le cas d’Archegos, « qui s’est retrouvée dans l’incapacité d’honorer ses appels de marge, a par exemple mis en évidence à la fois l’ampleur insoupçonnée de certains risques et la robustesse d’un système bancaire capable d’absorber de très lourdes pertes sans déclencher de crise systémique.

La succession d’incidents opérationnels graves depuis un an, hors toute action malveillante, rappelle aussi les vulnérabilités des infrastructures de marché partout dans le monde. »

D’autre part, pour l’AMF, la disparition des IBOR à la fin 2021, souligne l’élément de risque à court-terme que représente la transition vers de nouveaux taux sans risque de référence. « Accompagnée par les autorités, l’industrie financière dédie d’importants moyens pour systématiser l’identification des expositions aux IBOR, mettre en œuvre les processus de transition et développer des systèmes appropriés. Néanmoins certains types de contrats tels que les prêts syndiqués ne peuvent pas être automatisés et certaines sociétés non financières paraissent attentistes quoique concernées ».

L’essor du capital investissement

Concernant la gestion d’actifs, la cartographie décrit un retour aux tendances structurelles avec l’essor de la gestion passive dans un contexte de taux bas qui exerce une pression croissante sur les coûts et les frais, et le développement du capital investissement qui se poursuit à un rythme soutenu. « Les risques associés à ces évolutions, déjà identifiées avant la pandémie, en sortent accentués à l’image pour le capital investissement de leviers et valorisations toujours plus élevés. Néanmoins, le capital investissement est appelé à jouer un rôle de soutien au financement en fonds propres des PME alors que la crise sanitaire a accéléré de profondes mutations dans les secteurs productifs telles que la transition numérique et climatique. »

Orienter l’épargne vers les entreprises, un défi de long terme

Quel est aujourd’hui le défi principal en matière d’investissement financier ? Pour L’AMF, pas de doute. « Orienter l’épargne vers les fonds propres dont les entreprises ont besoin demeure le défi de long terme pour assurer la sortie de la crise pandémique et la transition écologique. La cartographie s’interroge sur la diversification des investissements des particuliers et sur le sens du retour en force des Français sur les marchés actions alors que ces derniers étaient au plus bas au premier semestre 2020, un phénomène contra-cyclique bienvenu mais qui doit se confirmer en investissement de long terme avisé. »

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