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Epargne : rendement ou sécurité, il faut choisir

Le choix entre le rendement et la sécurité de l’épargne dicte désormais les choix des particuliers. Il semblerait que nombre d’entre eux, ont désormais fait le deuil d’un placement qui garantirait les deux. Rendement ou sécurité ? Un choix mature, débarrassé de l’illusion que les deux étaient possibles. Les particuliers sont conscients que le rendement d’un placement varie proportionnellement avec le risque qu’il fait courir. Loin d’être un choix empli de désillusion, cette nouvelle perspective est au contraire le signe d’une plus grande maturité des épargnants. Pour autant, est-il encore possible d’arriver à un juste-milieu, qui conduirait à admettre une dose de risque pour améliorer la rentabilité, sans pour autant mettre en cause la préservation du capital.

Epargner sans risque = rendement au ras des pâquerettes

Avec des taux d’intérêt historiquement bas, les livrets réglementés, comme le Livret A n’a objectivement plus rien pour séduire. Pourtant, l’an passé, les Français ont fait le plein de ces livrets, préférant opter pour la sécurité d’une épargne faiblement rémunérée dans un monde économiquement incertain. Les épargnants restent fidèles au livret A, mais aussi à l’assurance vie dont les rendements ont pourtant également souffert l’an passé. Pour eux, le choix est clair. Entre sécurité et rentabilité, c’est la sécurité qui a primé.
Ce constat est le même partout. Aux Etats-Unis, les investisseurs individuels ont prouvé qu’ils étaient prêts à sacrifier le rendement pour protéger leurs actifs. Les obligations d’état font le plein des portefeuilles. Alors que pour nombre d’entre eux, elles ne représentaient que moins de 10% de leurs placements, les obligations peuvent atteindre aujourd’hui 30% voire plus. Alors qu’aux Etats-Unis, on assiste à une hausse des rendements obligataires, la part de ce produit dans les portefeuilles pourrait bien d’encore augmenter.
Alors que la crise sanitaire ne s’est pas encore estompée, le choix est clair : mieux vaut peu de rendement que risquer de perdre son capital. En d’autres termes, on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.
Pourtant, alors que la relance économique semble bien en marche, les investisseurs tente de trouver des moyens de concilier les deux. Quitte à prendre une part de risque calculée.

Dynamiser l’épargne

Les contrats d’assurance-vie peuvent encore apporter un certain dynamisme à votre épargne. Il existe des contrats multi-support qui font figure de bon compromis entre rendement et sécurité. Certes, le risque est encore présent. Mais il reste calculé.
En dépit de la crise, de nombreux investisseurs ont été à l’affût de produits qui offrirait des rendements un peu plus prometteurs. Alors que l’optimisme revient avec des plans de relances très généreux, comme c’est le cas aux Etats-Unis, une nouvelle génération d’investisseurs semble renverser le choix de la sécurité par rapport au rendement.
Selon une étude faite par la plateforme de gestion privée Axaneco, 65% de leurs clients auraient déclaré privilégier la performance à la sécurité. Mieux, 43% d’entre eux considèrent les cryptomonnaies comme une valeur refuge et 35% des 18-50 ans souhaitent « poursuivre ou renforcer leurs investissements dans cette thématique ».
Ce constat n’étonne pas vraiment. En 2020, en pleine crise covid, le crowdfunding immobilier a connu un millésime exceptionnel, avec 505 millions d’euros collectés, soit une hausse de 35% par rapport à l’année précédente. Les 9% de rendements parfois proposés sur ce type de financement participatif dans la pierre ont fait taire les craintes liées aux risques de ce placement. Imprudence des investisseurs ? Non, risque calculé pour ceux qui décident de placer une partie de leur épargne sur ces produits.
Même constat pour les placements boursiers. Les particuliers n’ont jamais été aussi attirés par la bourse. Au premier trimestre 2021, 772 000 particuliers ont réalisé un achat ou une vente sur des actions, le chiffre le plus élevé depuis un an. 70 000 d’entre eux n’avaient jamais placé un premier ordre, ou étaient inactifs depuis des années. C’est ce qu’a révélé le tableau de bord des investisseurs particuliers publié tous les trimestres par l’AMF. Là encore, le risque inhérent à ce type de placement ne semble guère avoir joué.

Les Français ont-ils repris le goût au risque ? Sur cette question, les spécialistes préfèrent rester prudents. Les conséquences de la crise et la destination de l’épargne accumulée par eux depuis l’an passé reste encore sujet de discussion. Ce qui est certain, c’est que les épargnants semblent être devenus plus pragmatiques. La notion de risque est beaucoup mieux intégrée par eux, voir acceptée comme condition à une meilleure rémunération.

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