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L’assurance-vie a moins attiré les épargnants en 2020

L’assurance-vie restera-t-elle longtemps le placement préféré des Français ? La question se pose. La Fédération française de l’assurance (FFA) n’a pas encore communiqué les chiffres définitifs concernant la collecte nette de l’assurance-vie en 2020, mais on sait déjà que ce sera une année noire: les derniers chiffres communiqués mi-décembre font état d’une décollecte nette de plus de 7 milliards d’euros à fin novembre. C’est la seconde fois en 20 ans que cela se produit.
Cela signifie que l’assurance-vie a enregistré plus de retraits que de versements sur une année entière. Avec plus de 1.750 milliards d’euros d’encours, ce placement reste néanmoins loin devant le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) qui totalisent à eux deux environ 450 milliards d’euros.

Collecte négative sur l’Assurance-Vie

Selon les dernières statistiques de la FFA, la collecte nette en novembre 2020 s’établit à -30 millions d’euros. Depuis plusieurs mois, le même schéma se répète même si l’on semble se rapprocher de l’équilibre, mois après mois.
Depuis le début de l’année 2020, la collecte nette est restée négative et s’est établit à -7,3 milliards d’euros. A titre de comparaison, la collecte nette était positive de +23,3 milliards d’euros sur les 11 premiers mois de l’année 2019. Le cumul des cotisations en assurance-vie atteint 103,5 milliards d’euros (132,8 milliards d’euros sur la même période en 2019).
Les versements cumulés sur les supports en unité de compte représentent 35,3 milliards d’euros, soit 34 % des cotisations (27% sur la même période en 2019 pour un montant de 35,2 milliards d’euros). Le montant total des prestations versées s’élève à 110,8 milliards d’euros (109,5 milliards d’euros sur la même période en 2019) et reste donc supérieur aux cotisations perçues par les assureurs.
A fin novembre 2020, l’encours des contrats d’assurance-vie s’élevait à 1 785 milliards d’euros. La part de cet encours investie dans des actifs d’entreprises (actions, obligations, immobilier) dépasse les 60%, soit environ 1100 milliards d’euros.

L’assurance-vie rapporte moins

Le taux de rémunération offert par les fonds en euros en 2020 a poursuivi son repli. Ce qui pousse de plus en plus d’épargnants à aller placer leur argent sur d’autres placements. L’assurance-vie rapporte de moins et devient moins intéressante pour nombre d’épargnants.
Dans le secteur, personne n’échappe à la règle. Même l’Afer (l’Association Française d’Epargne et de Retraite), première association française d’épargnants avec plus de 750.000 adhérents, a annoncé mercredi une baisse du taux de rémunération de son fonds en euros. Et selon toute vraisemblance, cela devrait continuer en 2021. Bien qu’ayant résisté en 2020, dans un contexte de crise et de taux d’intérêt historiquement bas, le rendement de son fonds en euros a été de 1,70%, marquant une légère baisse par rapport à 2019 (1,85%). Ce taux, net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux et fiscaux, avait déjà baissé de 0,4 point en 2019 par rapport à 2018. Très attendu par le secteur, il fait généralement office de baromètre pour reste de la profession. L’association est réputée pour proposer un fonds plus rémunérateur que la moyenne.

Tendance à la baisse

Face à des taux d’intérêt toujours plus bas, la tendance est générale et les rendements des fonds en euros de l’assurance-vie ne cessent de reculer. Le cas de l’Afer n’est pas unique. D’autres groupe, mais pas la majorité des acteurs, ont déjà dévoilé leurs taux de 2020 (Maaf, Macsf, GMF…) avec des baisses plutôt modérées, autour de – 0,25 point. Globalement, certains s’attendent à des taux moyen de rémunération des contrats d’assurance-vie de l’ordre de 1,08 pour cette année. En 2019, le taux moyen servi pour les fonds euros était encore de 1,5%, selon les données de la Fédération française de l’assurance (FFA).
De son coté, le Cercle de l’épargne considère que les rendements des fonds en euros devraient osciller entre 1,10 % et 1,20 % au titre de 2020, contre une moyenne à 1,40 % en 2019.

Les contrats moins attractifs

Cette baisse de rémunération ne conduira-t-elle pas à un plus grand désintérêt des épargnants ? Cela pourrait bien en prendre le chemin. La crise actuelle pourrait renforcer le « besoin urgent d’adaptation » du modèle économique de ce placement très prisé des Français a notamment mis en garde il y a quelques mois Natexis. Le constat ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, le maintien des taux d’intérêt à des niveaux plancher a enlevé tout « sex-appeal » à ces produits. Les acteurs de l’assurance-vie peinent depuis plusieurs années à dégager du rendement pour leurs assurés qui privilégient des contrats « en euros », c’est-à-dire largement investis en obligations et assortis d’une garantie en capital.
L’assurance-vie est devenue moins attractive pour les Français, bien que les taux proposés restent sensiblement supérieurs aux livrets réglementés, notamment le livret A dont la rémunération a atteint son plus bas à 0,5%.
Pour certains, le modèle est à bout de souffle. La garantie de l’intégralité du capital investi est remise en question. En d’autres termes, garantir un rendement intéressant, tout en préservant le capital sans aucun risque devient compliqué. Par ailleurs, depuis plusieurs années, les avantages fiscaux liés à ce produit ont été peu à peu rognés. L’an passé, Generali préconisait déjà des investissements plus risqués, mais plus rémunérateurs.

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