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Bio C’Bon: les épargnants ne sont pas au bout de leur peine

Décidément, la saga Bio C’Bon n’en fini pas de faire scandale, au détriment des épargnants menacés de tout perdre. Pourtant, au départ, tous les ingrédients faisait croire à une vrai « success story ». Aujourd’hui, les épargnants qui y ont cru s’en morde les doigts.

La saga Bio c’Bon, de la success story à la chute

Bio C bon, rappelons le, est une enseigne de distribution spécialisée dans les produits Bio. Fondé en 2008 par Thierry Brissaud, Bio c’Bon connait un rythme de développement fulgurant, à raison de deux à trois ouvertures par mois. Avec 158 magasins détenus en propre, la société devient rapidement le troisième distributeur spécialisé en France en termes de parts de marché derrière Biocoop et Naturalia. Il est le seul à s’être implanté à l’étranger avec près de 40 points de vente en Italie, Espagne, Suisse, Belgique et Japon.
A l’heure où les consommateurs sont de plus en plus intéressé par des produits naturels issus d’une agriculture responsable, Bio C’bon avait tous les ingrédients pour que ca marche, Pour financer son développement, la société a fait le choix de levé des fonds auprès de particuliers pour ouvrir des points de vente. Il appartient à la société d’investissement commercial Marne & Finance pilotée par Thierry Chouraqui. Le montage financier est relativement simple : 75 % des investissements sont faits par Bio c’ Bon et les banques et les 25 % restants par des particuliers, qui deviennent des associés-actionnaires. Au total, près 2800 particuliers ont répondu à l’appel, séduits par la perspective d’un placement responsable et rentable.

Rendement assuré de 6%

Le choix de faire appel à des fonds privé pour soutenir le développement était judicieux. Elle permettait de disposer de cash et d’avoir plus facilement recours à l’emprunt. Pour trouver ces investisseurs, Marne & Finance passe par des gestionnaires de patrimoine qui offrent la possibilité à leurs clients de placer de l’argent dans le fonds de commerce de Bio c’ Bon, BCBB Rendement. Les actionnaires s’engagent sur cinq ans avec une mise de départ comprise entre 10 000 et 200 000 €. À la clé, une rentabilité annuelle assurée de 6 %. L’offre est suffisamment alléchante pour attirer nombre de souscripteur. D’autant plus que beaucoup sont assujettis à l’impôt sur la fortune et ce montage permet une défiscalisation.
Par ailleurs, Bio c’ Bon offre un bonus à la sortie, calculé en fonction du nombre de magasins exploités en France à date : 5 % supplémentaires sur le montant investi pour 250 magasins, 10 % pour 350 et 15 % pour 450. Un bonus qui ne coute guère à l’entreprise. S’ils faisaient affaire avec des entreprises, le taux global de rémunération avoisinerait plutôt 15 %. Lors de la souscription, Bio c’ Bon signe avec les investisseurs une promesse de rachat de leurs titres, à une échéance de cinq ans, avec une parfaite visibilité du placement et de la sortie.
Sauf que très vite, les critiques commencent à poindre contre Bio C’Bon. Gestion agressive, loyer des boutiques en plein centre ville à des prix importants, la situation de l’entreprise se dégrade peu à peu. Le 2 septembre 2020, elle est placée en redressement judiciaire, avec un passif d’environ 200 millions d’euros. Les 2.850 particuliers qui ont investi dans des placements Bio c’Bon voient leur capital réduit à néant. Les 25 % qu’ils détenaient, soit 114 millions d’euros, viennent de partir en fumé. Désigné comme repreneur de 107 magasins Bio c’Bon par le tribunal de commerce de Paris en novembre 2020, Carrefour a vite activé une nouvelle stratégie pour remettre le distributeur de produits bio sur les rails.
Un nouveau scandale pour les épargnants

Un nouveau scandale pour les épargnants

Mais aujourd’hui, une nouvelle affaire issue de la galaxie BioC’bon est en passe d’éclater et une nouvelle fois, des petits épargnants risquent d’être léser.
C’est au tour de la société Marne & Finance d’être au bord de la banqueroute. La foncière s’est développée grâce à son placement phare appelé ICBS, investi dans les murs de toutes sortes de boutiques. Elle est liée à Bio c’ Bon: les deux sociétés avaient le même dirigeant, Thierry Chouraqui, limogé depuis, et Marne & Finance avait des parts dans le distributeur dont elle a aussi distribué les placements.
Près de 5000 particulier ont souscrit à hauteur de 260 millions d’euros aux produits ICBS, offrant 5 à 6% de rendement par an et un capital garanti à 100%. Mais depuis presque un an, la foncière refuse d’honorer les demandes de rachat qui lui sont faites. Les épargnants sont contraints de se tourner vers les tribunaux pour faire valoir leurs droits. Condamnée ce week-end à verser 525.000 euros à six premiers épargnants lésés, la foncière est également poursuivie au pénal par un groupe d’investisseurs pour pratiques commerciales trompeuses et abus de confiance. En très mauvaise passe depuis deux ans, lourdement endettée, puis prise dans la tempête de la crise sanitaire, la foncière semble logiquement suivre le destin de Bio C’Bon.

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