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L’euro en chute libre, nouveau casse-tête pour la BCE

La faiblesse de l’euro face au dollar, casse-tête insurmontable pour la Banque centrale européenne ? Aujourd’hui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, (le 8 juillet à 10h30), le billet vert est à moins de 1 centime de parité avec la monnaie européenne qui atteint des niveaux de faiblesse jamais vus. Il faut désormais 1,0096 dollar pour obtenir un euro. Il y a un an il en fallait 1,19.

Face à cette situation que peut faire la BCE ? De l’ampleur de sa réaction dépend le sort de la monnaie européenne. Sauf que cette dernière est, en quelque sorte, coincée entre le marteau de l’inflation et l’enclume de la crainte de la récession.

Pourquoi l’euro dévisse

Pour lutter contre la vertigineuse hausse des prix qui sévit (+8,6 % sur un an en juin 2022 selon Eurostat), la BCE a finalement décidé d’arrêter fin juin fin juin sa politique d’achats d’obligations réalisés au titre du Programme d’achats d’actifs (APP). Elle a de plus décidé de relever de 25 points de base ses taux d’intérêt. Une décision qui devrait être appliqué dès ce mois de juillet avant d’autres hausses prévues après les vacances d’été.

Suffisant ? C’est là où la nouvelle équation euro/dollar rentre en ligne de compte. Autrement dit, pourquoi la monnaie européenne dévisse-t-elle face à l’USD ? Pour le comprendre, il faut d’abord se tourner vers les Etats-Unis. Outre-Atlantique, la FED a choisi de mener une politique beaucoup plus agressive pour contrer l’inflation. Contrairement à la BCE, la banque centrale américaine a déjà accéléré la remontée des taux d’intérêt.

Le marché parie d’ailleurs en 2022 sur une hausse de 180 points supplémentaires pour la FED contre 135 points de base des taux de la BCE. Voilà pourquoi, à la recherche de meilleurs rendements, les investisseurs lorgnent du côté du dollar et privilégie désormais le billet vert  qui voit, mécaniquement, sa valeur augmenter.

Hausse du prix des importations

Le problème pour la BCE, qui a choisi une approche graduelle de la lutte contre l’inflation par crainte de répercussions négatives sur la croissance, c’est que la chute de l’euro alimente, elle-même, la hausse des prix au travers des importations payées en dollars. Citée par le journal Le Monde (06/07/2022), une note d’analyse du Groupe Allianz estime que « la dépréciation de 7 % de l’euro intervenue depuis le début de l’année peut se traduire au bout d’un an par 0,8 point d’inflation supplémentaire ».

La Banque centrale européenne se voit donc contrainte d’agir, sans solutions miracles, alors que la pente n’a jamais été autant sinueuse et que les dangers sont loin d’avoir été écartés. Dans la cartographie des risques 2022 des marchés que l’AMF vient de publier, le gendarme français de la bourse insiste d’ailleurs sur les conséquences pour les marchés de la fin de la politique monétaire accommodante.

Pour l’AMF, elle « aura des conséquences sur la valorisation de l’ensemble des titres en portefeuille. Dans un contexte de hausse de taux d’intérêt, les fonds obligataires ainsi que les fonds monétaires pourraient enregistrer une baisse de performance associée à des réallocations de portefeuille ».

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