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Crowdfunding immobilier: des rendements hors norme, mais…

Le crowdfunding immobilier a battu tous les records en 2020. Autant dire que la crise financière et sanitaire n’a pas eu raison de l’incroyable engouement qu’il a suscité. Avec 9,3% de rendement annuel moyen en 2020, le crowdfunding immobilier continue de présenter les plus belles performances, avec 505 millions d’euros collectés. C’est ce qui ressort de la 5ème édition du Baromètre du crowdfunding immobilier, réalisée par la plateforme Fundimmo.

Crowfunding immobilier : les raisons du succès

Faisant fi de la crise, le financement participatif dans la pierre a donc encore connu un millésime exceptionnel et tous les voyants sont au vert. La collecte a grimpé de 35% sur un an, à 505 millions d’euros. Malgré la crise économique et la mise en pause des chantiers de construction au cours du premier semestre, confinement oblige, les investisseurs ont donc été au rendez-vous. Leur nombre aurait selon le baromètre augmenté de 20% en 2020. En plus d’une augmentation de la collecte, dans le même temps, le ticket moyen a lui bondi de près de 200% à 4.711 euros contre 1.581 euros en 2019. Sur la plupart des plateformes, le ticket d’entrée fixé à 1.000 euros. C’est ce qui constitue d’ailleurs l’un des principaux avantages du crowdfunding immobilier puisqu’il permet à tout le monde d’investir dans l’immobilier, même avec un investissement minimal. Cela se résume à un investissement en immobilier à travers un tiers. En clair, vous prêtez de petites sommes à des promoteurs immobiliers via une plateforme de crowdfunding spécialisée.
Autre point positif, le taux de défaut reste faible. Il s’est limité à seulement 0,16% l’an passé, contre 0,57% en 2019. Même tendance pour les retards de remboursement, cantonnés à 4,4% (-1,91 point par rapport à 2019) lorsqu’ils ne dépassent pas 6 mois et 5,7% (-1,99 point) au-delà de cette durée.

Des investisseurs avertis, mais aussi plus novices

C’est un produit qui a déjà fait ses preuves auprès des investisseurs avertis, et qui séduit désormais aussi les épargnants désireux de diversifier leur épargne. C’est un produit somme toute simple à appréhender et dont les résultats ne démordent pas. Il est vrai qu’avec 505 millions d’euros collectés en 2020 contre 373 en 2019, le marché bat un nouveau record en pleine crise économique. Ce qui témoigne de la force du modèle et de la résilience du marché immobilier. Notamment en France.
Les montants remboursés sont également en forte croissance : 180 millions d’euros en 2020 contre 103 millions d’euros en 2019, soit une hausse de 75%, directement liée à la croissance annuelle de la collecte des années précédentes, et qui témoigne de la solidité du modèle du crowdfunding immobilier, les confinements n’ayant pas impacté de manière significative la vitesse des remboursements sur l’année 2020. Le nombre de projets remboursés est également en hausse, passant de 220 en 2019 à 310 en 2020 (+41%).

Un produit qui séduit de plus en plus

Le montant moyen financé par projet en 2020 s’élève à 857 329 euros, contre 689 150 euros en 2019. En hausse de 24%, il traduit la capacité des plateformes à attirer de gros opérateurs et d’importants volumes d’investisseurs par projet.
Cette progression peut être rapprochée à l’ajustement fait dans la loi Pacte qui a autorisé un rehaussement du plafond de collecte à 8 millions d’euros, contre 2.5 millions avant octobre 2019. Cela a permis de financer des opérations immobilières de plus grande envergure. En 2020, environ 15% de la collecte a concerné des projets compris entre 5 et 8 millions d’euros, preuve que la loi Pacte a eu un véritable impact sur l’envolée des montants collectés. La durée de placement quant à elle réduit légèrement : 21 mois contre 21,3 mois en 2019. Ce qui ne manque pas de séduire les épargnants qui peuvent relativement rapidement voir le remboursement de leur investissement et de ses intérêts.

Un levier intéressant pour les professionnels de l’immobilier

Avant de lancer un programme immobilier, le promoteur doit réunir des fonds dont la plupart est apporté via des crédits bancaires. Mais pour obtenir un accord des banques, ces dernières exigent un apport de la part du promoteur. C’est cet apport qui est financé par le crowdfunding immobilier. Avec ce produit, il ne s’agit pas pour l’investisseur de devenir propriétaire. C’est un prêt remboursé avec intérêt à la fin de l’opération.
Cette solution de financement innovante séduit de plus en plus les professionnels de l’immobilier, notamment en France. Mais son succès est le même dans le reste du monde. Cela leur permet de lever rapidement des fonds, de faire appel à des investisseurs sans pour autant les faire entrer au capital de leur société. Le crowdfunding immobilier constitue donc un important vecteur de financement pour les professionnels. Et il y a tout lieu de penser que ce phénomène devrait se renforcer dans les années à venir. Car tant pour les professionnels que pour les épargnants, ce placement constitue un billet gagnant-gagnant pour les deux parties.

Un marché prometteur mais attention

Le marché du crowdfunding immobilier, du financement participatif de l’immobilier, reste récent. Mais plusieurs acteurs se le disputent déjà. Il est concentré autour de 5 plateformes majeures (dont Fundimmo), qui trustent à elles seules deux tiers du marché global en termes de collecte. Chacune ont levé en moyenne 66,7 millions d’euros en 2020. Il existe également 5 plateformes de taille intermédiaire qui représentent 23,1% de parts de marché (chacune ayant levé 23,3 millions d’euros en moyenne), puis 10 plateformes qui représentent 9,5% de part de marché (avec 4,8 millions d’euros levés en moyenne), et 7 plateformes qui représentent 1% de part de marché (697 000 euros levés). Les plateformes restantes n’ont pas fait de collecte en 2020, uniquement des remboursements.

Mais derrière les excellents résultats du crowdfunding immobilier, les épargnants se doivent de rester vigilants. En effet, rappelons que le délai entre la collecte et le remboursement varie généralement entre 18 et 24 mois. Ce qui veut dire que le véritable impact de la crise Covid sur le secteur ne pourra pas réellement être observé avant au moins un an et d’ici la fin 2022. Certes, les professionnels considèrent le risque limité, mais il est réel. Les taux de retard pourraient ainsi augmenter au moins aux niveaux de fin 2019 (respectivement 6,41% pour les délais inférieurs à 6 mois et 7,69% pour un retard supérieur) tandis que le taux de défaut grimperait à 2%, voire 3% dans les deux prochaines années. Le crowdfunding immobilier comporte bien un risque de perte, ne serait-ce que partielle, pour l’investisseur.

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