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Inflation: quelles conséquences sur les placements?

Faut-il avoir peur du retour de l’inflation ? Si le sujet intéresse hautement les économistes, il inquiète les épargnants qui craignent de voir les rendements de leurs placements se faire grignoter. Jusqu’à présent, les banques centrales, la Réserve américaine en tête s’étaient montrées plutôt rassurantes, répétant que dans l’éventualité d’une inflation, cette dernière ne serait que temporaire et n’orienterait en aucune façon un changement de politique monétaire. Sauf que depuis quelque temps, les interventions de banquiers centraux, notamment aux Etats-Unis, se font plus nuancées. Dans le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, publiée mercredi dernier, l’éventualité d’un retour de l’inflation et d’un possible ajustement de la politique monétaire très accommodante de la Fed y est clairement évoquée. Dans ce contexte, de plus en plus d’épargnants se posent des questions. Si l’inflation fait son retour, quels seront les conséquences pour les placements. Faut-il d’ors et déjà envisager une réorientation de son épargne ?

Inflation, quelles conséquences pour l’immobilier ?

L’impact d’un éventuel retour de l’inflation se pose particulièrement lorsque l’on parle d’immobilier. Depuis plus plusieurs années, les taux d’intérêt très bas ont permis à nombre de particuliers d’acheter avec de l’argent pas cher. Avec des niveaux de taux proche de 0, certains parlaient d’argent gratuit, d’open bar des crédits. Cela devrait donc changer. Une hausse des prix durable serait une relative mauvaise nouvelle pour les taux de crédit immobiliers français, qui pourraient augmenter de 1 à 2 points selon l’économiste Marc Touati. Cela impactera inévitablement les capacités de financement des acquéreurs.
Mais ce cas de figure pourrait, par ailleurs, avoir des conséquences plus positives, notamment en permettant un dégonflement de la bulle dans laquelle se trouve le secteur immobilier.

La situation de l’immobilier est assez complexe face à ce problème. Les placements immobiliers sont sensé protéger contre l’inflation. Une hausse de l’inflation conduit normalement à une hausse automatique des prix de l’immobilier. Mais cela est sans compter la situation de bulle dans la quelle se trouve actuellement ce secteur. Mais les prix sont déjà très hauts, il est donc peu probable d’assister à un nouveau pic des prix de l’immobilier. Certains professionnels du secteur envisagent même une tendance à la baisse. Ce qui ne serait pas une mauvaise chose en soi, car cela permettra de reconnecter l’offre et la demande. Pour les propriétaires par contre, c’est une toute autre histoire si la baisse des prix devait perdurer.

Bien sûr, la pierre restera un placement sûr, de père de famille. D’autant que, pour nombre d’économistes, l’inflation ne devrait être que de courte durée. Elle ne devrait pas déraper pendant des années. Mais une certaine prudence sera cependant de rigueur.

Assurance vie, livrets réglementés, marchés boursiers

Le retour de l’inflation pourrait être favorable, dans une certaine mesure du moins, à l’assurance vie. notamment pour les fonds en euros, largement adossés aux obligations d’état. Les taux des fonds en euros devraient augmenter en cas d’inflation durable.
Du coté des livrets réglementés, comme le livret A, un retour de l’inflation sera relativement positive. Cantonné aujourd’hui à 0.5%, leur rendement, indexé à l’inflation, devrait donc automatiquement progresser. Cependant, il ne faut guère se faire d’illusion. Déduction faite de l’inflation, les gains des livrets réglementés resteront faibles.

Concernant les marchés boursiers, qu’en est-il ? Globalement, avec une croissance qui redémarre, on pourrait penser que la bourse pourrait en profiter. Mais avec en réalité, l’an passé, alors que la récession s’installait quasiment partout dans le monde, on a pu assister à une hausse des bourses mondiales. C’était même l’une des première fois que l’on voyait les bourses monter en situation de crise économique. Certes, la croissance redémarre, mais elle semble déjà impactée sur les cours avec des marchés en état de bulle. A partir de là, on ne peut que supposer qu’un retour de l’inflation pourrait peser sur les index boursiers. D’autant que par le passé, à chaque fois que l’inflation est montée, automatiquement, on a assisté à une correction en Bourse. La prudence sera donc de mise cette année sur les marchés boursiers. Il y aura certainement de bonnes affaires à la clé, mais il faudra rester vigilent. D’autant que les obligations d’état risquent d’augmenter, et cela, les bourses n’aiment pas du tout.

Vers quels placements se diriger pour se prémunir contre l’inflation ?

Dans cette nouvelle configuration économique, on pourrait voir certains placements oubliés depuis des années redevenir intéressants. C’est le cas des obligations indexées sur l’inflation qu’il faudra favoriser. Pour Marc Touati, ce placement pourrait profiter de la hausse de l’inflation et retrouver par la même la faveur des conseillers en placement.

Ce type de produit varie en fonction du niveau de l’inflation, tant pour le principal, la valeur de l’obligation, mais aussi le taux d’intérêt versé, le coupon. Plus l’inflation augmente, plus le capital et l’intérêt augmentent. Un bon moyen de se protéger, estime l’économiste. Délaissé ces dernières années alors que l’inflation avait totalement disparu, ce produit pourrait bien à présent revenir sur le devant de la scène. Mais attention, ce ne sera pas le cas des obligations à taux fixe.

Autre produit qui devrait bien profiter de la situation, l’or. Le métal jaune devrait rester le meilleur placement refuge contre l’inflation. Ses cours devraient augmenter, suivant la hausse de l’inflation. A un peu plus de 1881 dollars l’once (au moment de la rédaction), le cours pourrait encore progresser et, pourquoi pas, renouer avec ses sommets de janvier 2021 où son prix avait atteint la barre des 2000 dollars.

D’autres matières premières pourraient être également intéressantes, notamment l’argent ou encore le platine. Mais il conviendra de rester prudent. En effet, les matières premières sont en général très volatiles. Aujourd’hui, la croissance mondiale est portée par les différents plans de relance mis en place par les gouvernements pour contrer la crise sanitaire. Lorsque la croissance mondiale ralentira, le cours des matières premières devraient également repartir à la baisse.

Plus que jamais, dans cette nouvelle situation économique, le mot d’ordre, la règle de base demeurera la diversification. Protéger son capital, en acceptant certes des rendements moindres, reste aussi le meilleur moyen d’aborder sereinement l’avenir.

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