Accueil Immobilier Marché immobilier : vers une inversion des prix ?

Marché immobilier : vers une inversion des prix ?

Est-on à la veille de soubresauts sur le marché  immobilier ? C’est l’avertissement que vient de lancer la Banque centrale européenne (BCE). Pour l’institution, un retournement de tendance pourrait fort bien se produire.

Pour la BCE, pas de doute. La forte croissance des prix sur le marché immobilier, situation généralisée à toute l’Europe, coïncide pleinement avec la période des taux d’intérêt bas.

Le marché immobilier poussé par une demande accrue de logements

Comme elle le note, « les prix des logements ont considérablement augmenté pendant la pandémie, alimentant les inquiétudes quant à d’éventuelles inversions de prix et leurs implications pour la stabilité financière. Dans de nombreuses économies avancées, la croissance des prix réels des logements a dépassé 4 % pendant la pandémie atteignant 4,3% dans la zone euro au quatrième trimestre 2021 ( …) Dans le même temps, les taux réels des prêts hypothécaires dans la zone euro ont encore baissé pour atteindre des niveaux historiquement bas dans le contexte actuel de faibles taux d’intérêt ».

Dans les faits, estime la BCE, c’est principalement la demande accrue de logements qui est à l’origine de l’augmentation des prix du marché immobilier dans les économies avancées en 2020 et 2021. Une tendance encouragée par la faiblesse des taux d’intérêt. Mais dans un contexte économique marqué par une très forte inflation (+ 7,5 % en avril dans la zone euro), les banques centrales ont décidé de resserrer leur politique monétaire.

Aux Etats-Unis, la Fed a déjà relevé son taux de 50 points de base et compte procéder à plusieurs autres augmentations au cours de l’année. En Europe, après moultes tergiversations, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a fait savoir que l’institution était susceptible « de sortir des taux négatifs d’ici la fin du troisième trimestre ». Le taux de dépôt de la banque centrale est pour l’instant à -0,5 %. Cela signifie qu’iil faudrait deux augmentations de 25 points de base d’ici à fin septembre, pour qu’il revienne en territoire positif.

Des crédits plus chers

Bien entendu, ces mouvements ne seront pas sans conséquence sur l’économie réelle et donc sur le marché immobilier. Les emprunteurs vont voir le coût du crédit se renchérir.

En conséquence, estime la BCE, « les renversements potentiels des prix de l’immobilier résidentiel pourraient donc être plus importants qu’il y a quelques années, surtout si les taux d’intérêt augmentaient fortement ».

Mais ce n’est pas tout. « Une révision brutale des prix sur le marché du logement – si la demande de logements devait s’inverser, par exemple, ou si les taux d’intérêt réels devaient augmenter de manière significative – pourrait avoir des retombées sur l’ensemble du système financier et de l’économie. »

La Banque centrale européenne estime « qu’une baisse de 1 % des prix des logements due à un déplacement de la demande de logements pourrait, en moyenne dans tous les pays, générer une baisse maximale du PIB réel de 0,2 % après deux ans ». Cette baisse serait toutefois variable selon les pays. Elle pourrait aller jusqu’à 0,9 % pour certains d’entre-eux. On le voit : la chute du marché immobilier ne serait pas sans conséquences sur l’état général des économies européennes.

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