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Quel avenir pour l’euro ?

Quelle suite pour l’euro ? A l’heure où nous écrivons ces lignes, la devise est de nouveau à parité avec le dollar. La fin d’un accès de faiblesse due à la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’énergie. Pas si sûr. Explications

L’euro dans la tourmente

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et ses conséquences sur les marchés énergétiques, le dollar, portée par son statut de valeur refuge n’a cessé de s’apprécier par rapport à l’euro. La monnaie américaine connaît tendanciellement son plus haut depuis 20 ans. L’indice dollar DXY, qui mesure l’évolution de la devise d’outre-Atlantique face à un panier de devises, a progressé de plus de 16% sur l’ensemble de 2022.

Outre sa réputation de valeur refuge dans la tourmente, le dollar doit sa force actuelle à deux facteurs bien précis. D’abord, une balance extérieure qui se dégrade dans la zone euro. De plus, une une politique de resserrement monétaire menée par la FED qui a commencé bien avant celle de la BCE et qui pourrait se poursuivre bien après que l’institution européenne ait pris la décision de relâcher la pression sur les taux.

La Fed déterminée

Comme Goldman Sachs l’a récemment souligné, les fortes hausses des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine ont soutenu le dollar en renforçant l’attrait des actifs américains. Certes, la BCE a fini par suivre, combat contre l’inflation oblige. Pour autant elle aura pris le train en marche avec retard.

Alors que la FED procédait à sa première augmentation des taux dès le mois de mars, il aura fallu attendre le mois de juillet pour voir la BCE en faire de même. Un écart de 5 mois qui aura donné au dollar un avantage compétitif certain.

Au total, la Fed a augmenté ses taux de 375 points de base depuis mars, un cycle de hausse des taux beaucoup plus rapide que les 200 points de base de la Banque Centrale Européenne.

De plus, si les craintes de récession devaient inciter la BCE à adopter une approche plus prudente, alors même que la Fed vise un taux terminal plus élevé, alors l’euro pourrait poursuivre sa chute.

La balance commerciale de l’Europe plombée

Autre facteur : parce que les pays européens paient des prix élevés pour l’énergie, leurs positions commerciales se sont nettement détériorées. L’Allemagne est passée d’un excédent commercial de plusieurs décennies à un déficit. Or, un déficit commercial affaiblit toujours la devise de la zone concernée face à ses concurrents.

Tout cela fait que de nombreux analystes prévoient des temps encore durs pour la monnaie européenne. Pour Goldman Sachs, elle pourrait chuter jusqu’à 0,94 dollars si les prix de l’énergie ne baissent pas sensiblement.

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