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Prévision bourse 2023, faut-il investitr aujourd’hui ?

Nous entrons dans un cycle économique compliqué. De nombreux signes nous laissent à penser qu’une récession devrait frapper le monde économique d’ici le deuxième trimestre 2023. Malgré des perspectives boursières positives, la période semble très instable et nous laisse penser à une situation similaire au krach pétrolier de 1973.

Simple coïncidence ou rapprochement évident, notre avis sur la situation actuelle pour vous aider à investir en bourse en 2023.

Bourse et récession, des coïncidences troublantes

On ne parle que d’elle. Elle monopolise l’attention des médias et des investisseurs. Et pour cause, une récession économique peut avoir des conséquences catastrophiques sur l’économie. Pour donner une définition de récession, il s’agit d’un ralentissement plus ou moins progressif de l’activité économique qui se caractérise par une baisse de la consommation des ménages, et une augmentation substantielle du chômage.

Cette phase de contraction est redoutée par tous les économistes. Une période de profonde et longue dépression économique puisque tout semble au ralenti.

La récession que l’on connait tous date de 1930. Il s’agit de la grande dépression américaine qui a duré jusqu’en 1933. Fait intéressant, puisque cela illustre parfaitement les craintes des spécialistes.

L’onde de choc provoquée par la récession est certes financière avec des marchés qui s’effondrent, et économique avec un PIB pouvant être amputé jusqu’à 30 % dans les périodes les plus sombres, mais elle est aussi sociale.

Elle entraîne des bouleversements qui obligent à repenser la direction politique en espérant sortir de la situation, allant parfois jusqu’aux choix les plus radicaux.

Si l’année 1933 marque la plus grande récession des États-Unis, elle marque l’arrivée d’un certain chancelier à la tête de l’Allemagne qui correspond là aussi à une période difficile dans toute l’Europe.

Il est important de noter qu’à l’époque, les économies sont moins dépendantes les unes des autres. On peut alors facilement imaginer ce que pourrait provoquer une diminution conséquente du PIB d’un pays comme les États-Unis ou la Chine aujourd’hui dans un système mondialisé comme le nôtre.

Comme en 2008, le krach boursier d’un pays entraînerait incontestablement celui des autres. L’effondrement des marchés boursiers serait alors inéluctable même s’il est difficile de prédire l’impact concret et la chute probable du prix des actions.

Peut-on vraiment comparer la récession de 2023 avec celle de 1973 ?

Pierre-Olivier Beffy est le premier à avoir fait le rapprochement entre les deux périodes distantes de presque 50 ans. Pour lui, les récessions précédentes ont été des crises de l’investissement des entreprises. Celle que nous traversons, ou que l’on doit traverser d’ici quelques semaines, est une crise de la consommation. Les consommateurs ont fait le choix de ralentir leurs achats, un phénomène particulier et économiquement nouveau.

C’est à peu près ce qu’on a pu observer 1973. Après deux années de faible croissance (1970 et 1972), le choc pétrolier intervenant l’année suivante va avoir des conséquences sur l’économie mondiale. Comme aujourd’hui, on observe une diminution de la consommation des ménages comme réponse directe et immédiate.

Ce à quoi les banques ont réagi en augmentant les taux d’intérêt. C’est exactement ce qu’il se passe actuellement. Suite à une réunion du 27 octobre, la BCE a décidé une nouvelle fois d’augmenter ses taux directeurs portant les taux d’emprunt à un seuil minimum de 2 %.

Il s’agit d’une réponse à une inflation toujours croissante en France et en Europe, avec une augmentation des prix à +6,2 % dans l’hexagone et jusqu’à +17 % Pays-Bas. Il faut comprendre que ces taux sont quasi historiques et qu’il faut justement remonter à la fin des années 70 pour retrouver un taux d’inflation aussi élevé.

Cette hausse des taux d’intérêt influence la capacité des ménages à emprunter et donc à investir. Et c’est ici l’immobilier qui est le grand perdant. Sur la baisse d’investissement locatif, la bourse est considérée comme impactée indirectement puisque cela va créer une perte de revenu et une baisse de la part consacrée à l’achat d’action chez les investisseurs. C’est ce qu’on peut voir dès 1973, illustré par la baisse des prix en 2022.

La France et les pays non producteurs de matières premières comme le gaz ou le pétrole risquent de subir davantage que les autres comme les États-Unis ou la Russie. En ne maîtrisant pas la production, ils s’exposent à une variation des prix soumis au bon vouloir des pays exportateurs.

Pour rappel, le prix du gaz en octobre 2022 a encore augmenté de 37 % alors qu’il poursuivait déjà une tendance haussière depuis le début du premier trimestre de cette même année, et ce, alors que nous ne sommes pas encore entrés en récession. Les actions « énergies », ont d’ailleurs explosé avec une cotation du gaz naturel à +6,30 %, du Pétrole Brent à +2,53 % ou celle de l’uranium à +11,22 %.

Cela entraîne indéniablement un appauvrissement des pays acheteurs dont la France fait partie sur les pays producteurs. Un choc énergétique aussi critique que celui de 1973 et qui se poursuivra sur l’année suivante.

Là où Pierre-Olivier Beffy semble plus inquiet, en comparant les deux périodes, concerne l’endettement. Lorsque Valéry Giscard d’Estaing arrive au pouvoir en 1974, la dette est de 14,5 % du PIB. En 2022, la dette publique représente 114 % du PIB. Cela va handicaper la capacité d’emprunt des pays, mais aussi réduire la marge de manœuvre des banques centrales pour endiguer la récession.

Si la crise n’est pas encore boursière, elle est sans conteste immobilière. En Chine, le krach immobilier a d’ores et déjà commencé.

Aux USA la crise immobilière s’installe petit à petit et l’on imagine difficilement comment l’Europe pourrait y échapper. Un effondrement du secteur qui n’est pas forcément à voir du mauvais œil. Avec des acheteurs en moins, les prix sont revus à la baisse. Cela permet donc d’ouvrir l’investissement immobilier à une classe moyenne qui devra subir la crise à venir plus que les autres.

La perspective boursière pour le dernier trimestre 2022

Les places de marchés en Europe et aux États-Unis ne semblent pas encore frappées par la crise. La détérioration des profits n’a pas encore commencé, mais personne ne devrait y échapper.

Si la baisse de la consommation est importante, de l’ordre de 3 à 4 % depuis septembre 2022, la rentabilité des entreprises, et ce notamment sur le sol américain, n’en est pas affectée pour autant. Le rendement des entreprises du S&P 500 est toujours aussi élevé à hauteur de 13 % sur l’année. Cette hausse fait suite à une dégringolade de cet indice boursier basé sur les 500 grandes entreprises cotées sur les bourses américaines, initiée en aout 2021.

Partant de ce constat, on pourrait alors penser que le risque d’une récession est faible et que les marchés boursiers ne risquent pas d’être aussi impactés qu’annoncé. Mais ce n’est pas tout à fait juste. Les états qui ont massivement soutenu les entreprises pendant la crise du covid ne seront bientôt plus en mesure de le faire.

La dette publique comme évoquée précédemment n’est pas extensible à l’infini et à un moment donné, les politiques devront fermer le robinet économique qui jusqu’alors coulait sans aucune restriction ou presque. Le « quoi qu’il en coûte » du président Macron s’élève à 240 milliards d’euros si l’on en croit Bruno Le Maire. Une ardoise conséquente de dettes qu’il faudra payer à terme.

À ce déficit public, il faut ajouter les charges d’intérêts c’est-à-dire que la France doit encore ajouter 46 milliards d’euros à la note finale.

Les entreprises devraient donc avoir des problèmes de financement ne leur permettant pas d’investir. Pour rappel, l’investissement pour les entreprises est central dans leur développement économique. Ce dernier permet notamment d’innover, de moderniser ou de développer de nouveaux produits.

L’investissement contribue également à accroître sa capacité productive. Si récession il y a, les prix devraient baisser pour aider la reprise de la consommation. Mais si les professionnels ne sont pas capables de suivre la demande alors, des coupes budgétaires devront être effectuées pour compenser les pertes de chiffre d’affaires.

Mais pour l’instant, la bourse se garde plutôt bien d’une projection négative. C’est le contraire que l’on observe avec des rendements excellents sur le deuxième trimestre. Et cela s’explique par la bonne santé financière actuelle des entreprises. Ce que l’on ne voit pas, du moins, c’est que la purge a déjà commencé !

Une vague massive de licenciements est en cours et notamment dans la tech. Meta, anciennement Facebook, prévoit plus de 11 000 licenciements pour contrer la crise que traverse actuellement cette industrie. Quant à Amazon, ce ne sont pas moins de 10 000 licenciements prévus, sans compter ceux opérés depuis novembre par Twitter.

On ne le voit pas encore au niveau macro-économique, tout du moins, pas encore. C’est la raison pour laquelle investir en bourse aujourd’hui permet de réaliser des profits, mais jusqu’à quand ?

Les marchés seront en « lévitation » tant que l’impact de la baisse de la demande, compensé par les aides et le ruissellement économique de la reprise de l’après covid. Il y a aussi une autre explication possible, c’est celle de la possibilité que la récession n’intervienne pas. Scénario très peu probable, mais qui mérite d’être étudié.

On peut par exemple penser que la Chine va mettre fin à sa politique covid responsable de la situation catastrophique du pays. L’inflation pourrait très bien se maintenir à ce niveau permettant aussi de garder le niveau actuel des taux d’intérêt.

Pour 2022, la tendance boursière devrait être globalement positive pour quelques mois encore. Suffisamment d’indicateurs avancés font penser que les premiers signes de la récession, si premiers signes il y a, devraient apparaître assez vite en début 2023.

Pour faire un parallèle avec 1974, les marchés ont commencé à craquer lorsque les entreprises n’ont plus été en mesure de compenser les effets de la baisse de la consommation.

Prévision de bourse 2023 : faut-il investir ?

La situation actuelle est particulière. Le monde sorti tout juste d’une crise sanitaire exceptionnelle s’est engouffré dans un conflit qui dure entre l’Ukraine et la Russie.

Les projections de bourse 2023 sont encore dans le vert, il est difficile de dire jusqu’à quand ? Toutefois, avancer un scénario catastrophe n’a pour le moment aucune raison d’être. Il serait trop anticipé de penser qu’un effondrement bancaire intervienne courant 2023 par exemple.

La récession pourrait ne durer que quelques semaines, ou trimestres tout au plus.

Faire des prévisions boursières avant la fin de l’année est prématuré et ne ferait que renforcer la contraction des marchés donnant l’effet inverse que celui escompté, à savoir la fluidité des échanges et la stabilité des cours.

Les meilleures actions 2023 ne seront possiblement pas dans la tech, c’est l’un des constats partagés par les experts du marché. Le secteur devrait connaitre une petite révolution dans le courant de l’année ce qui permettra d’en savoir un peu plus sur son avenir et les opportunités d’investissement. La tech est plus fortement impactée par la hausse des taux, car l’innovation qui fait croitre ce marché n’est pas rendue possible en raison des taux d’intérêt trop importants pour être supportés par les entreprises.

La surperformance des capitaux devrait intervenir après la récession annoncée. Mais pour ce faire, il faudra la passer avec brio. Les états devront trouver des solutions pour soutenir les entreprises sans exposer de manière trop importante leur dette publique. Un équilibre qui ne sera pas évident à trouver.

Investir en bourse semble quelque peu risqué pour le moment. Il peut être judicieux pour les investisseurs qui souhaitent générer des profits à long terme d’attendre encore quelques semaines pour voir comment la situation se profile.

La patience est une vertu que de nombreux investisseurs ont, qui plus est, dans une période de grand trouble comme nous connaissons en cette fin d’année. Il faudra observer de près la hausse ou la baisse des taux d’intérêt et les décisions prises par le gouvernement quant au soutien aux entreprises.

 

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